Les commentaires prélevés sur le site http://endehors.org/
Sandrine soulève par son courrier la situation scandaleuse dans la quelle se retrouvent souvent les salariés après une longue maladie qui les rend inaptes à leur emploi.
En effet pour être déclaré inapte à son emploi ( sauf en cas de danger grave et imminent ) il faut passer deux visites médicales à 15 jours d'intervalle ( laps de temps durant lequel l'employeur est censé chercher un poste de reclassement ). Il y a tout de même un moyen de réduire ce délai, c'est de demander à la médecine du travail une visite de préreprise 15 jours avant la fin de l'arrêt de travail. Ainsi le délai de 15 jours a lieu pendant qu'on perçoit encore les indemnités de sécu ( ce qui évite de ne rien avoir ) et le médécin peut alors déclarer l'inaptitude le jour de la reprise ( s'il n'y a pas de reclassement ).
L'employeur après la visite déclarant définitivement inapte le salarié a un délai d'un mois maximum pour le licencier. C'est un délai maximum mais pas minimum, c'est à l'employeur de mettre en route la procédure sans tarder, car le salarié n'est pas payé durant ce temps ( sauf à se mettre en congé payé avec l'accord de l'employeur quand il en reste, ce qui n'est pas toujours le cas après une longue maladie ), si l'employeur tarde volontairement à engager la procédure, il y aurait moyen de l'attaquer aux prud'hommes.
Une fois licencié ( indemnité légale ou de la convention collective, c'est la plus favorable qui doit être prise ) reste la question du préavis qui crée de nombreux problèmes car il y a un vide juridique. En effet la loi ne dit pas qu'il n'y a pas de préavis ( sauf en cas d'accident du travail ) en cas d'inaptitude suite à maladie non professionnelle mais comme le salarié est inapte à son poste il ne peut pas travailler. L'employeur ne le paie donc pas. Certains employeurs prennent prétexte de ce vide juridique pour remettre l'attestation ASSEDIC à la fin du pseudo-préavis ( souvent deux mois ) et cela crée des problèmes pour toucher le chômage.
Mais heureusement l'ASSEDIC semble accepter aujourd'hui de prendre en charge ces salariés à partir du jour où ils ont eu leur lettre de licenciement et sans avoir l'attestation, il suffit de présenter sa lettre de licencienement ( c'est tout de même à vérifier auprès de chaque ASSEDIC car je ne suis pas certain que c'est une politique nationale )
C'est vrai que c'est rageant ces situations. Comme tant d'autres. Des règles tellement fixes qu'un cancer ne semble même plus être un danger grave et imminent. Des plafonds qui vous excluent de toute aide pour des enfants ou pour payer un loyer. J'ai toujours trouvé hallucinant que les CAF prennent en compte les ressources de l'année d'avant pour calculer certaines de leurs prestations. Et pendant ce temps là on offre desdizaines de milliards d'euros aux employeurs à titre d'exhonération des charges sociales.
Je n'ai pas de solutions à proposer à Sandrine. Je ne peux pas non plus lui être d'une aide financière. Je vais communiquer sa lettre à des amis qui ont des blogs.
Par delà les aspects soulignés par Libertad et les difficultés exprimées par Sandrine, il est des aspects de cette lettre ouverte qui me dérangent un peu/beaucoup. Les "Où sont les français ?" , les "ces français (...) où donc ont ils mis leurs valeurs, leur sens de responsabilité, leur honneur !", les "Ces français qui ne parlent même plus français", les "un pays qui devient si profondément désespérant qu'il annihilera tous ces français qui ont cru en leur pays et arborait leur fierté au sourire de leur visage,", les "un pays si triste et si endetté que jamais rien ne pourra plus l'en sortir,", les "la France a besoin de citoyens (...) qui osent s'exprimer pour le bien de leur pays, qui ne renient pas leur propre langue pour adopter celles de nos adolescents", les "français qui doivent défendre leur pays" sont des thèmes qui m'inquiètent beaucoup dans cette tentative médiatique d'une personne désespérée.
Je comprend d'ailleurs mal qu'aucun politicien n'ait encore voulu récupérer ce drame familial. Il y a tant d'autres choses dans cette lettre qui est matière à exploiter de manière démagogique ou identitaire. Gageons que cette tentative médiatique portera ses fruits... Et que Sandrine saura ne pas cèder à toutes les sirènes électorales qui pourraient en découler. Car malgré tout ce qu'on en dira ailleurs, l'avenir d'un pays ne passe pas dans le choix d'un président, et la solidarité n'est pas de supplier le bon vouloir du prince.
Tous mes encouragements de guérison pour ces personne du moins.