La cerise sur le gâteau
Le petit dernier du jour.
Depuis 2003, la médecine du travail me « menaçait » d'inaptitude.
Elle m'avait donc dès 2003 demandé d'envisager une reconversion.
À la suite de quoi j'ai effectué un bilan de compétence.
Suite à ce bilan, le résultat incluant une formation ne se trouvant être qu'à Paris, je poursuivais mon travail comme barmaid.
Puis, bien sûr, il y a eu d'autres visites, une hernie discale, des séquelles… une nouvelle opération...
Toujours cette inaptitude… Mais je passais au travers à coup d'humour et surtout par besoin de travailler, afin d'éviter la situation dans laquelle je suis aujourd'hui…
Depuis le 11 septembre, je suis arrêtée, ma reprise du travail prévue pour aujourd'hui.
Trois ans d'anniversaire en longue maladie (les reprises de travail ne comptant pas) plus d'indemnités journalières.
Médecine du travail à 16h15 !
Munie d'une lettre du docteur expert de la sécurité sociale, je pars donc à la recherche de ce fameux papier d'inaptitude.
Mais j'avais oublié, l'essentiel !!! Les aléas du système ! Les tracasseries légendaires de l'administration !
L'immuable aplomb qu'ont certaines personnes en vous regardant dans les yeux et vous disant :_ ", Mais je ne peux pas vous mettre inapte !
Sur quoi est-ce que je vais me baser ? Comment voulez-vous que je vous fasse une inaptitude, comme ça ! je risque le tribunal !
Je veux voir des radios, des scanners, IRM. »
Voilà depuis 2003 je me battais pour éviter cette inaptitude et lorsqu'enfin je me rends, lorsqu'enfin je suis passée par tous les circuits d'avilissement, de services sociaux, de dossier d'invalidité, de Cotorep (qui porte un autre nom d'ailleurs) lorsque finalement j'arrive à ce que tant de monde souhaitait, car ils étaient nombreux, c'est un refus qui s'offre à moi.
Rien de grave en soi, si ce n'est que pour faute grave, je peux être licenciée pour non-présentation à mon emploi ce matin.
Rien de dramatique que durant une heure me faire faire la leçon par cette femme bonne vivante, qui m'explique que tout a été fait à l'envers. Qu'il n'y a rien de si écrasant comme à une petite fille qui fait ses premiers pas dans la vie !
Alors puisqu'elle ne pouvait pas, quelle bonne affaire pour moi ! Me sortir de toute cette noirceur, reprendre le travail et être vraiment libre.
Je lui ai donc rétorqué : » alors donnez-moi un certificat d'aptitude s'il vous plaît, il ne me gêne pas d'aller travailler, au contraire… »
_ « Mais non (avec toujours autant d'aplomb), je n'en ai pas le droit, vous ne vous rendez pas compte !!
Non, décidément non, je ne me rends pas compte. Un mauvais film, une mauvaise série, mal interprétée, celle de ma vie, contre l'administration et les abus de celle-ci sous couvert de la Loi encore, cette loi… celle-là même que j'ai eu le plaisir de rencontrer lors de ma mini grève.
Ainsi aujourd'hui je suis comme je l'étais hier, débarrassée du carcan des horaires imposés chaque jour depuis 11 septembre entre 15h et 18 heures. Libre comme l'air plus d'indemnités, ni apte, ni inapte, libre de le crier sur tous les toits et on aurait beau jeu que de m'en empêcher, libre de tout, mais je ne suis pas à l'abri d'une faute grave de la part de mon employeur…
Merci la loi, merci l'administration, merci à ces gens blasés de voir « les autres » dans des situations telles qu'ils n'ont même plus la foi pour leur venir en aide. Merci de ces quelques claques distribuées, merci pour l'air pitoyable qui m'accompagnait lors de mon retour à la maison, merci pour cette nouvelle leçon de la vie…
J'ai rendez-vous demain à 17 heures à la médecine du travail de nouveau, mais je ne suis sûre de rien, envolée des certitudes, la seule chose réelle c'est que durant deux mois je n'aurai aucune source de revenus, le temps que les rouages de l'administration grinçants, mal huilés, tant habitués à leur confort et leur sécurité d'emploi se mettent en route… La vie continue n'est-ce pas ?
J’ai au moins gagné cette feuille blanche qui, dédicacée par cette femme intègre "inaptitude temporaire" à classer collection privée!!!
Et comme j’aime partager, je vous en fais profiter, parce que je sais que je ne suis pas la seule à vivre sous ce règne, et que ça ne fait que commencer…